Vague
Hirondelle

22. UNE COIFFURE POUR CHAQUE TÊTE

Cartes postales sonores
Cartes postales sonores
22. UNE COIFFURE POUR CHAQUE TÊTE
Loading
/

Queue de cheval, catogan, couettes, coiffure « à la girafe » « à la Titus », coupe garçonne en passant par les mèches en tire-bouchons, le pouf de Marie-Antoinette ou le coiffé-décoiffé de Brigitte Bardot, cette pléiade de coiffures racontent à elles seules une époque, un art de vivre.

La coiffure est en effet un univers fascinant où se rencontrent esthétique, mode, société, sciences, progrès, savoir-faire…

Saviez-vous que Saint-Louis avait promulgué un édit pour imposer aux prostitués de teindre leurs cheveux en roux ? Car oui la couleur des cheveux a renvoyé pendant longtemps l’image de la qualité de l’âme : rousseur associée à la luxure, noirceur à la  haine, blondeur à l’innocence.

Saviez-vous que Louis XIV était chauve, y a remédié avec la conception d’une perruque qui lança instantanément la mode des perruques pour hommes ?

Saviez-vous que la coiffure inoubliable de Lady Gaga , faite de nœuds de cheveux  disposés autour de la tête, comme une architecture capillaire, demandait une telle quantité d’extensions et de fixatif pour tenir toute la soirée, que l’équipe devait démonter la coiffure pièce par pièce, comme on démonte une installation artistique ?

Bref, « Longs, courts, tressés, coiffés, teintés, visibles mais aussi cachés, les cheveux nous identifient ». Le cheveu est depuis toujours un marqueur identitaire et social très fort.

La manière d’arranger les cheveux témoigne d’une culture, mais aussi d’un statut social dans l’histoire. Plus la coiffure est sophistiquée, plus elle signe avec ostentation l’oisiveté et la richesse. Et l’ajout de postiches et d’ornementation y contribuent. Bijoux, peignes, épingles à cheveux, guirlandes de fleurs, aigrette épousent le cheveu pour le tendre, le tirer, le maintenir, l’éloigner de l’inconvenance mais aussi pour transmettre un message d’appartenance à un corps social, glisser un billet doux et intime ou afficher une ambition politique.

Il serait dommage de ne pas mentionner les artistes qui ont architecturé l’histoire de la coiffure et de la Haute coiffure en imaginant très élaborées. Le célèbre Léonard créateur du « pouf au sentiment » de Marie-Antoinette. Monsieur Antoine qui,dans les années 1920, révolutionne la mode avec la coupe courte, avec notamment la perruque laquée de Joséphine Baker. Alexandre le coiffeur attitré des têtes couronnées tandis que les sœurs Carita attirent de nombreuses stars du cinéma dans les années 50. Et impossible de ne pas citer la magicienne contemporaine du tressage : Marisol Suarez ! Mais aussi le styliste et coiffeur Frederic Aspiras. Chacun s’inscrit dans la volonté de transformer le corps en objet artistique, presque en sculpture vivante.

Au XXIè siècle, la coiffure ne sert plus seulement à embellir : elle devient un geste de performance et de mise en scène, proche de la mode et de l’art contemporain.

À travers ces savoir-faire et ce foisonnement expressif de coiffures dans le temps, l’être humain ne chercherait-il pas à dompter son animalité par le cheveu ?